Autocentrisme de la pensée

« La plus grosse erreur que nous puissions faire est de croire que les autres pensent de la même manière que nous. »

– Morgan Freeman

Cette situation résume, à elle seule, un problème de taille dans la communication et les relations interpersonnelles. Ce problème me semble encore plus flagrant chez les newyw.

Homogénéisation de l’esprit

C’est incroyable la quantité de gens que je peux croiser qui se retrouvent dans des situations conflictuelles, ou complètement désarmés, à cause de cela. La phrase qui revient souvent ressemble souvent à  » je pense comme ça, je croyais que c’était pareil pour lui/elle « . En fait, cela revient à croire que la pensée est homogène et identique pour chacun. Cela ne va-t-il pas à l’encontre de la notion d’individualité et d’unicité des êtres humains?

La réalité

Le soucis, c’est que la réalité est bien autre. Chaque personne est différente. Nos pensées sont souvent le résultat de notre éducation, notre parcours scolaire, nos expériences de vie, notre sexe, notre culture, nos croyances ou non-croyances religieuses et bien d’autre. De plus, qu’on le veuille ou non, notre façon de réfléchir et de voir le choses évolue plus ou moins avec le temps, ce qui rend cette homogénéité impossible. En clair, personne ne peut penser comme nous et nous ne pouvons penser comme personne d’autre. C’est d’ailleurs, là, la beauté de toute la chose.

Cause de souffrance

Selon moi, avoir ce mode de pensée autocentrée peut-être une cause de souffrance et de détresse (oui, je sais, je les aime bien ces deux mots). Le plus souvent, c’est l’incompréhension le déclencheur. Par exemple, comment se fait-il qu’autant de personne votent pour le parti nationaliste mené par une blonde d’origine bretonne? La raison est toute simple : ces électeurs vivent dans une réalité de vie différentes avec une approche et une pensée différente. C’est certes vexant de se dire que des humains comme nous puissent faire des choix aussi extrêmement opposés aux nôtres, mais ce sont leurs choix et nous n’avons que peu ou pas de pouvoir dessus. C’est pourtant ce genre incompréhensions qui peuvent engendrer soit un sentiment de rejet ou d’auto-exclusion.

Arrogance?

Or, je note souvent la contradiction suivante: d’un coté, des gens veulent être uniques et donc différents des autres, mais d’un autre coté, ils sont persuadés que tout le monde pense comme eux. N’est ce pas un paradoxe à la limite de l’arrogance? Cela revient presque à dire que « je suis unique, mais tout le monde est (ou doit-être) comme moi. »

Ou bien autre chose?

Je pense qu’il y a principalement des lacunes dans l’empathie. Je ne dis pas que les gens n’en ont pas, mais qu’ils ne savent pas en utiliser sa partie cognitive. Cette même empathie cognitive qui permet justement de comprendre les sentiments et émotions de l’autre. Les pensées découlant en grande partie de ces deux derniers, on peut rapidement faire le lien.

Je prend un exemple qui m’est arrivé récemment (mais qui se produit assez régulièrement). Une amie a eu un comportement qui m’a déplu. Rien de grave, j’ai néanmoins pris le temps de lui signaler en usant de diplomatie et surtout d’une bonne dose de communication non-violente. Réponse : « je ne comprends pas que cela t’affecte autant. Je pense que ce n’est pas si gênant, je pensais que c’était pareil pour toi. » Bon, autant dire que ce fut l’une de nos dernières conversations.

Elargir son horizon

Je considère que pouvoir vivre dans ce monde nécessite une prise de conscience de son infinie diversité. Cela nécessite aussi de savoir accepter que beaucoup de choses ne sont pas et ne vont pas comme nous le voudrions (cf. la « Prière de la Sérénité »). Tout le monde n’est pas comme nous, et heureusement d’ailleurs, ce serait la meilleure façon de s’enfermer dans un ghetto mental sordide.

Accepter que les autres pensent autrement est justement la meilleure façon de s’enrichir. C’est accepter qu’on puisse nous enseigner des choses nouvelles tous les jours et donc que notre évolution est quasi infinie. Mais cela nécessite aussi une capacité de remise en question perpétuelle. C’est aussi accueillir les autres tels qu’ils sont, avec leurs bons et leurs mauvais cotés et ne pas se voiler la face.

2 Comments

  1. Agathe
    4 juin 2019

    Bonjour,
    Ce que tu expliques fait écho aux agacements maintes fois évoqués par les zèbres vis à vis des méchants cerveaux gauches.ouhh qu’ils sont très très méchants et sans empathie. ..
    Or, ne peut on pas, pour se libérer de ces agacements, qui sont donc source de souffrance, et dans la mesure où l’on sait que le mode de fonctionnement EST différent,se dire ceci :
    Hypothèse :vous vous trouvez face à un cul de jatte. Est ce que vous lui demandez de faire un cent mètres? Et si oui,est ce qu’il vous agace de ne pas le faire ce cent mètres? Le denigrez vous sur un groupe Facebook?
    Évidemment non.
    Et là emplie de votre empathie si singulière à votre tribu…vous ne vous agacez pas..
    Face à un cerveau gauche,c’est pareil. Il ne peut pas être comme vous…
    Oui mais lui alors en fait il en a lui de l empathie eu égard à votre mode de fonctionnement?
    Non.
    Pourquoi?
    Parce qu’on ne lui a jamais dit que certaines personnes fonctionnaient différemment.
    En vient l’exemple cité de l’amie à qui on explique. ..on peut ainsi comme raconté, sans s agacer passer son chemin.
    Le plus haut degré de l empathie reste d’être capable de se projeter dans l’univers intérieur de l’autre en tenant compte de sa culture. , son histoire..etc
    Et à défaut, et bien quand on ne sait pas on demande.
    Bonne soirée

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    1. NEWYW
      4 juin 2019

      Mais je suis très méchant et sans empathie 😋

      Répondre

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