Être aimés tels que nous sommes

« J’aimerais qu’on m’accepte tel/telle que je suis. » Cette phrase, je l’entends souvent depuis quasiment toujours. Et , à une époque qui me semble lointaine, elle sortait de ma propre bouche. J’ai appris à la honnir tellement elle est pernicieuse dans ses implications.

Une exigence plus qu’un souhait

En effet, quelle qu’en soit la tournure, ce petit souhait innocent dissimule en fait une exigence. Une attente peut sous-entendre l’acceptation de ne pas être satisfaite. Ce n’est pas le cas des exigences qui, si elles sont non remplies, peuvent engendrer frustration et mécontentement. Bref, dans un sens, cela revient à demander aux autres de nous prendre bruts de décoffrage et sans poser de questions (ou alors, il ne faut pas qu’elles demandent de trop avoir à faire de changements.) 

Le mérite-t-on?

Est-ce que ce que nous sommes vaut la peine pour autrui de nous prendre en l’état? Et à quel coût humain pour eux? Si je suis instable, colérique, soupe-au-lait ou encore atteint d’une maladie mentale qui nécessite beaucoup d’attention des autres pour être gérée, pourquoi devraient-ils m’accepter ainsi? Par charité? Par humanisme? Ils n’ont aucune obligation de le faire. Ils n’ont pas à accepter des choses qui peuvent leur causer du tort à court, moyen ou long terme. Et je trouve cela irrespectueux de le leur demander. En effet, si on se met à leur place, est-ce que nous accepterions ce que nous sommes susceptibles de leur faire subir? En clair, sommes-nous quelqu’un qui soit suffisament agréable, qui puisse être apprécié et dont les défauts ne sont pas envahissants pour Autrui ou non? Cela devrait être la première question à se poser en fait.

Par exemple, on peut être une personne serviable, généreuse, et drôle. Néanmoins, si nous sommes doublés d’un personnalité négative, que l’on passe son temps à critiquer ou râler, cela peut vite être répulsif. Les gens ne seront pas forcément dans le rejet, mais ils pourront garder malgré tout une distance de sécurité pour se protéger de notre partie sombre.

Ce que l’on est

Nous sommes ce que nous sommes, en partie façonnés par notre éducation, notre histoire, nos expériences, notre culture etc. D’après moi, nous sommes aussi ce que nous décidons d’être, particulièrement au travers de nos comportements et de nos perceptions. Les relations humaines, impliquent aux différentes parties de devoir se plier pour se rendre accessibles et compréhensibles aux autres. Cependant, cela ne doit pas se faire au-delà de certaines limites, comme je l’explique dans l’article Un peu de Mécanique . A partir de là, plusieurs cas de figure se présentent :

  1. La relation implique que chacun doit se plier excessivement à l’autre : autant arrêter tout de suite, cela a très peu de chance de fonctionner en plus d’engendre conflits et souffrances.
  2. La relation nécessite que l’autre doivent trop se plier à nous ou vice versa : les rapports seront forcément déséquilibrés et l’un des deux, voir les deux vont en baver à causes de frustrations et d’exigences.
  3. La relation permet au deux de s’adapter dans des limites acceptables : ce genre de relations à de fortes chances de fonctionner à partir du moment ou on accueille et accepte les défauts de l’autre.

Ce que nous pouvons devenir

Personne n’est parfait, mais à quel degré sommes-nous imparfaits? C’est une grande question qui nécessite beaucoup d’introspection. Comme précisé au paragraphe précédent, nous avons le pouvoir de changer certaines choses en nous. Si je reprend l’exemple d’une personne négative ou en train de râler en permanence, changer sa vision du monde et adopter une attitude plus positive (sans que ce soit forcément à 100%) peut changer beaucoup de choses. Il est aussi important de savoir faire preuve d’une certaine forme d’empathie (cognitive en l’occurence) pour réaliser que certaines de nos attitudes dérangent. Souvent, ce ne sont pas de gros détails, mais cela nécessite d’accepter de changer. Parce qu’il faut être réalistes, on ne peut pas demander aux autres de changer pour satisfaire à nos exigences sociales lorsque nous même nous ne sommes pas capables de le faire.

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