Le deuil

Nous avons tous vécu un ou plusieurs deuils dans notre vie, que ce soit la perte d’un proche, une rupture, un déménagement , ou autre. Mais qu’est ce que le deuil et comment pouvons nous le vivre convenablement.

Définition

Le deuil est une réaction naturelle qui intervient sur les sphères émotionnelle, cognitive, sociale et physique de notre esprit suite à une perte. Cette réaction se manifeste souvent par une grande tristesse, de fatigue et d’indisponibilité mentale.

Les raisons

Psychologiques

Les raisons du processus ne sont pas encore clairement établies. Ce qui revient souvent en psychologie évolutive ou de l’attachement, est le besoin pour la personne endeuillée de se détacher de ce qui a été perdu afin d’envisager une vie équilibrée en l’absence de cette perte.

Physiologiques

Des études ont démontré que les personnes endeuillées subissaient plusieurs réaction neurologiques. Parmi elles, une hyperactivité du cortex pré-frontale et des amygdales a été observée en IRMf (Freed, Yanagihara, Hirsch & Mann 2009). On retrouve ici des parties du cerveau émotionnel. Il semblerait que l’hyperactivité de l’amygdale soit la raison de la grande tristesse éprouvée par la personne vivant le deuil.

J’ai retenu cette étude en particulier, mais d’autres manifestations comme des inflammations de certaines glandes endocrines et autres ont aussi été étudiées. Le but étant de dire qu’il y a des implications physiologiques dans le phénomène du deuil

Les phases du deuil

Selon les théories, le deuil se décline entre quatre et sept phases. Je vais me limiter au modèle de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross qui en comporte cinq.

1- Choc / sidération / déni

Lorsque la nouvelle tombe, une multitude d’émotions simultanées (colère, surprise, peur, tristesse etc.) peuvent se déclencher. La phrase qui résume le mieux la situation est « Enfin, ce n’est pas possible! » Cette étape est souvent très courte, le temps que notre esprit se reprenne.

2- Colère

Un sentiment de colère s’installe. On en veut au monde entier ainsi qu’à soi-même.

3- Négociation

Une phase assez difficile à comprendre est a expliquer. Notre esprit se pose des questions afin de rationnaliser et relativiser les évènements. Par exemple : « j’aurai du faire ceci ou cela pour que cela n’arrive pas. » Il peut y avoir des formes de chantage intérieurs : « Si la situation ne s’arrange pas, j’abandonne tout!! » Nos pensées peuvent être décousues et mener à la rumination.

4- Dépression

La phase la plus connue, lorsque le sentiment de tristesse prend le dessus sur les autres. Cette phase semble être justement expliqué par l’étude dont je parlais plus haut.

5- Acceptation

Nous nous remettons finalement de notre deuil. Nous acceptons la perte et sommes, dès lors, prêt à reprendre notre vie.

Nota bene

Malgré les numéros attribués, ce n’est pas un cycle figé et universel. Les phases 2, 3 et 4 peuvent se produire dans n’importe quel ordre ou ne tout simplement pas apparaître en fonction des situations ou des individus. Il est même possible qu’elles reviennent à plusieurs reprises si on n’y fait pas attention.

Faciliter le deuil

Qu’on le veuille ou non, nous vivons bien plus de deuils que nous le pensons. On le situe souvent après une rupture ou un décès, mais une dispute sévère, la perte d’un emploi, un enfant devenu adulte qui quitte la maison, un déménagement, la nouvelle d’une maladie grave etc… sont autant d’événements qui engendrent des pertes, aussi minimes soit-elles. On peut même parler de mini-deuils dans certains cas.

Je n’ai pas de solution miracle ou universelle à proposer. Je vais juste donner ce qui fonctionne pour moi.

La durée

Il n’y a pas de durée type. En fonction de la personne, du contexte, de l’importance de la perte, un deuil peut durer quelques jours comme il peut durer des années. Ce n’est pas une raison pour s’y éterniser, c’est à dire tomber dans la complaisance. Mais pas non plus pour céder à la pression d’accélérer les choses. C’est à tout un chacun de s’assurer de ne pas tomber dans ces deux pièges afin de trouver le temps nécessaire.

S’écouter

Le deuil a une composante émotionnelle importante. Développer une bonne intelligence émotionnelle, et donc être à l’écoute de ses émotions et de ses sentiments est sûrement l’une des stratégies les plus payantes. Mais il ne faut pas miser que là-dessus non plus.

Il faut aussi écouter son corps. La fatigue qui découle de la tristesse est un réflexe de protection qui nous invite à rester au chaud chez nous. En état de dépression, le corps est affecté et a besoin de repos pour faciliter la gestion de la dépression. Par contre, si cela s’éternise trop, consulter un spécialiste de la santé s’impose.

Accepter

Comme j’en parle dans l’article sur la Prière de la Sérénité , accepter notre impuissance face à certaines situations peut nous permettre d’avancer. En phase de deuil, sans se la réciter, il est intéressant de garder le concept de la prière à l’esprit.

Accompagner le processus

Être à son écoute peut aussi nous permettre d’accompagner le deuil. Avoir conscience que nous sommes en phase de colère ou de dépression aide à savoir ou nous en sommes et donc anticiper la suite possible des évènements. C’est aussi une bonne information pour ne pas tomber dans des ruminations sans fin.

Tout est question de durée. Si une phase de colère, de négociation ou de tristesse dure trop longtemps, on peut agir pour qu’elle ne s’installe pas plus. On peut méditer ou faire du sport pour gérer la colère, faire des activités créatives ou culturelles pour la tristesse ou encore remettre les réflexions à plus tard dans la négociation.

La suite

Le deuil est, certes, causé par un drame, mais n’est pas une fatalité en soi. Il y aura toujours un autre bout au tunnel si on se donne la peine de l’accepter et d’aller de l’avant. Peu importe le temps, le deuil finira par se faire. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer, autant faire en sorte qu’il ne nous handicape pas.

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