L’importance de vérifier ses perceptions

Voici une situation qui m’arrive régulièrement : une personne m’explique quelque chose et je lui demande souvent ce qu’il ou elle a voulu dire ou de préciser certains points. La réaction est très souvent la même : « Mais tu es vraiment bête ou quoi? » En fait, c’est compliqué de dire que c’est complètement inverse qui se pose, même si cela m’est déjà arrivé de le faire.

Quand on perçoit et analyse inconsciemment des centaines de choses en même temps, la communication avec autrui peut vite devenir compliquée. Dans le cas présent, ce n’est pas que je ne comprends pas ce que l’on me dit, mais plutôt que je comprends trop. Une phrase tournée d’une certaine façon peut facilement être sujette à interprétations, et j’insiste sur le pluriel. Donc lorsqu’on me donne un point, mais que je vois plusieurs possibilités différentes, la meilleure chose est de ne pas laisser la machine à réfléchir tourner inutilement et de poser des questions : c’est ce qu’en thérapie cognitivo-comportementale (TCC), on appelle la vérification de perception

Eviter les quiproquos

C’est une stratégie simple à mettre en oeuvre et qui apporte une tranquillité d’esprit sans équivoque. La langue française ne nous aide pas toujours. Contrairement à l’anglais, qui a le mérite d’être à la fois précis est nuancé, notre langue de Molière est très souvent sujette à interprétation. C’est peut-être pour cela qu’elle a longtemps été la langue de la Diplomatie dans le Vieux Monde. Néanmoins, nombre de situations nécessitent une certaine clarté pour éviter des malentendus qui pourraient dégénérer en conflit.

Prenons un exemple. Vous discutez avec un ami. Alors que vous parlez d’une situation délicate, le visage de votre interlocuteur s’assombrit. Plusieurs réactions sont possibles pour vous:

  1. Vous pensez que votre ami a mal pris vos paroles. Pourtant, vous êtes convaincu de ne rien avoir dit de mal ou de vexant. Cela vous contrarie ou vous chagrine ou les deux.
  2. Il n’ose pas vous interrompre pour vous dire pourquoi il fait la tête car il ne veut pas vous froisser ou alors c’est une manière d’attirer votre attention. Ce que vous prenez pour un manque de sincérité et de franchise de sa part.
  3. Vous vous arrêtez et demandez simplement « ai-je dit quelque chose qui t’a froissé? »

Les danger de l’interprétation unilatérale

Les deux premiers cas de figures (et il peut y en avoir des tas d’autres dans ce genre) font appel à votre propre interprétation. Or, vous ne savez pas ce qui se passe dans sa tête à ce moment là. Ça se trouve, il a vu derrière vous quelques chose qui l’a contrarié. Ou une de vos paroles lui a fait penser à une autre situation qui l’énervait. Les possibilités sont multiples et il faut reconnaître qu’on ne peut pas tout savoir ni percevoir. Ce genre de comportements peut rapidement dégénérer au conflit ou à la dégradation des relations interpersonnelles. En effet, on peut laisser la chose fermenter puis exploser plus tard à la première occasion. On peut aussi passer beaucoup de temps à ruminer pour comprendre ce qui a pu se produire à ce moment et donc s’autodétruire de l’intérieur lentement.

Il suffisait pourtant d’une simple question

Pourtant, le simple fait de poser la question, comme dans le troisième cas, peut rapidement désamorcer l’escalade. La personne pourra confirmer ou infirmer votre perception. Si ce n’est pas de votre faute, vous voilà soulagé de longues heures de pensées en boucle ou de quiproquos pouvant dégénérer ultérieurement. Si vous avez dit quelque chose de travers, et bien c’est le moment de vous expliquer et de corriger le tir le cas échéant , et ainsi, de préserver votre amitié.

Une bonne habitude à prendre

Vérifier ses perceptions est devenu un art de vivre pour moi et une clé primordiale de la tranquillité d’esprit. Même si je n’ai jamais lu Les Quatre Accord Toltèques de Don Miguel Ruiz, le troisième, qui encourage à « ne jamais faire de supposition » revient exactement à celà.

Si une situation manque de clarté, mon esprit peut vite partir dans tous les sens pour tenter de la clarifier. Ce faisant, je peux rapidement me fatiguer. Comme on dit si bien « il suffit de demander », et c’est effectivement le cas. Je le fais quasiment tous les jours et cela me permet d’économiser une énergie considérable. Cela ne demande que quelques secondes.

Je comprends que poser des questions puisse être compliqué pour une personne timide. Néanmoins, je recommande de faire l’effort quelques fois seulement, juste pour essayer. Ce que l’on gagne en sérénité, en comparaison de l’effort d’aller vers l’autre, est tellement rentable que je suis prêt à parier que cela peut aider à s’affirmer un peu plus.

C’est le genre de petites choses simples, et qui pourtant rendent la Vie tellement meilleure.

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