Name ‘Em Whatever You Want – part 2 –

Dans Name ‘Em Whatever You Want – part 1 –, je manifestais ma légère exaspération à propos de différents auteurs et scientifique voulant absolument catégoriser ce qu’on appelle les surdoués (130+ de QI). Une amie qui travaille auprès d’adolescents autistes me disait la chose suivante : il existe autant de profils d’autismes qu’il existe d’autistes. Or, même si de ma faible expérieece je peux commencer à distinguer certains grands groupes de patterns, je suis tenté de dire qu’il en est de même pour les 130+. Je vais quand même tenter l’exercice de lister les diverses nominations et de retrouver leurs contextes.

Les surdoués

De loin le terme le plus connu de par le monde. La seule définition qui fasse apparemment consensus est qu’être surdoué nécessite d’avoir un QI supérieur à 130 sur l’échelle d’intelligence de Wechsler.

Le surdoué a longtemps eu l’image du génie ostentatoire et plus ou moins torturé (Will Hunting, joué par Matt Damon), souvent asocial et misanthrope (Sherlock joué par Benedict Cumberbatch), voir parfois sociopathe. Néanmoins, la grande intelligence du surdoué est visible et surtout reconnue par autrui.

Les Enfants Intellectuellement précoces

Il s’agit probablement des termes les plus anciens historiquement. Les références les plus lointaines que j’ai trouvées sur EIP, et leur désignations en tant que telles, datent des années 70, date de la fondation de l’ANPES en 1971 (par Jean-Charles Terrasier) qui deviendra en 1978 l’ANPEIP. Il semblerait que EIP ai remplacé la désignation d’Enfant Surdoué à cette même époque. D’ailleurs, jusqu’à il y a peu, j’ai plus souvent entendu, dans la vie de tous les jours, la désignation d’ES que celle d’EIP.

Selon le site de la dite ANPEIP, la précocité est définie ainsi :

Le terme de « précocité » désigne une avance par rapport à son âge chronologique en termes de compréhension et d’acquisitions. 
Il faut garder à l’esprit que les capacités de l’enfant intellectuellement précoce :

 – ne sont qu’un potentiel qu’il faut s’appliquer à épanouir ;

–  ne garantissent pas une réussite visible ;

 – peuvent être associées à des difficultés d’apprentissage.

www.anpeip.org

Haut Potentiel Intellectuel

Le terme d’Enfants HPI serait apparu au courant des années 2000 dans différentes publications scientifiques. Par contre, je n’ai pas été en mesure de trouver ou de savoir si cela était une évolution du terme EIP ou le besoin de créer une nouvelle classe incluant des personnes ayant un profil différent de l’EIP , c’est à dire des capacités latente. Latence qui va de pair avec le terme potentiel.

Je n’ai pas trop de documentation vraiment « officielle » comprenant la terminologie « Adulte à Haute Potentiel Intellectuel » AHPI. Je ne sais pas quand il a pu apparaître. Est-ce une extrapolation de l’EHPI devenu adulte? Néanmoins, le terme de « HP » revient souvent dans les vidéos, blogs et sur les groupes et forums.

Haut Quotient Intellecuel et Très Haut Quotient Intellectuel

Le HQI est une personne dont le QI est situé entre 130 et 145 points sur la WAIS (troisième écart type au dessus de la normale) et le THQI entre 145 et 160 points. Ces derniers représentent théoriquement 0,135% de la population et sont donc très rares (même si j’ai la chance d’en connaitre quelques uns).

Il y a-t-il une différence significative entre HPI et HQI? No fucking idea. Il semblerait que le HQI soit juste une question de quantification. Le HPI semble faire référence à des enfants (et adultes) ayant des affects particuliers. Après, si on se limite à la sémantique. Le potentiel suggère une capacité ou une énergie latente et inexploitée, ce qui n’est pas le cas de tous les HQI/THQI.

Les Zèbres

Le terme Zèbre a été popularisé en 2008 par Jeanne Siaud-Facchin (JSF) dans son ouvrage « Trop Intelligent pour Être Heureux? L’adulte surdoué. » En effet, JSF y détaille une catégorie de surdoués invisibles, à part (au point de vivre rejet et exclusion), émotifs, sensibles, ayant un parcours scolaire ordinaire voir catastrophique, en décalage avec les autres etc… Bref, des enfants qui sont passés sous le radar car pas assez bons à l’école pour être considérés EIP/EHPI. Elle oppose ces mêmes Zèbres aux « hyper-intelligents ». Le soucis est que je ne me souviens plus si c’est hyper-intelligents sont des surdoués différents ou des non-surdoués performants. Je devrais le relire pour m’en assurer (ou si un de mes lecteurs peu m’éclairer.) Dans tous les cas, JSF a voulu trancher avec le terme surdoué qui n’est pas toujours révélateur, donne une dimension de supériorité pas toujours réelle et justifié et est , parfois, même péjoratif

En plus d’avoir été une révélation pour moi, ce livre a fait l’effet d’une bombe auprès du grand public. En témoignent la quantité industrielle de blogs, forums, groupes FB qui se sont mis à fleurir tels le lierre que je tente d’éradiquer dans la haie de mon jardin. Bref, un franc succès. Tellement franc, d’ailleurs, que je trouve qu’avec le recul (ce livre date de 2008 et je l’ai lu en fin 2009), le Zèbre a fait l’objet de quelques dérives que je détaillerai dans un autre article.

Les Philo-Cognitifs

Derniers nés en date dans le monde des surdoués, les Philo-Cognitifs de Fanny Nusbaum, Olivier Révol et Sébastien Sappey-Marinier. Pour être honnête n’ai pas lu le livre (car en fait, je n’aime pas lire beaucoup). Mais j’ai cru comprendre qu’en s’appuyant sur un protocole d’étude en IRM fonctionnelle, du Dr Révol, les trois auteurs ont établis deux grands profils de surdoués. Les Laminaires (qui semblent coller au profil du surdoué , génie évident) et les Complexes (qui collent plus au profil du Zèbre de JSF).

Je pense que le concept est intéressant, car il semble confirmer en recherche fondamentale, ce qu’on peut observer sur le Terrain. Néanmoins, je ne suis pas à l’aise avec le fait de créer deux classes là ou il pourrait peut-être y en avoir plus. N’étant pas expert, je ne m’étendrai pas plus sur le sujet.

Après consultation de plusieurs lectrices et lecteurs du livre. Je suis au regret d’apprendre que c’est un livre qui est encore dans l’identification de la problématique et non pas dans le curatif et la solution. Je vais me permettre de faire ma mauvaise en langue en disant que ça va aider à vendre des conférences et des heures de thérapie et coaching.

Les Surdoués Fonctionnels

Alors là, on quitte le cadre formel parce que c’est un terme que j’ai inventé de toutes pièces (sauf si il existe déjà ailleurs sans que je le sache). Il a d’ailleurs été approuvé par une de mes connaissances qui est exactement dans ce cas de figur . Je l’aime beaucoup, mon surdoué fonctionnel (normal, c’est mon bébé).

En fait, depuis un peu plus d’un an, je me rends compte qu’il m’arrive souvent de croiser dans des rencontres Zèbre ou dans ma vie de tous les jours des surdoués qui, contrairement aux HPI/Zèbres/Philo-Cognitifs Complexes, vont très bien dans leur vie. Ce qui est le plus surprenant, c’est de voir que la plupart de ceux que je croise connaissent leur QI (pour avoir passé des tests dans l’enfance ou l’adolescence) mais n’ayant pas eu de problèmes majeurs développementaux ou à l’école, ils ignoraient être surdoué.e.s . Je me revois encore à une réunion en mars 2018 dire que ce désigne un surdoué est son QI supérieur à 130 et voir deux participantes me dire « Ah oui? Mince alors, je suis une surdouée dans le savoir ».

En fait, Frank Ramus et Nicolas Gauvrit en parle dans un article co-écrit pour le magazine La Recherche . Ils évoquent un biais d’échantillonnage. En effet, beaucoup de littérature grand public, dans la foulée de JSF, a été rédigée pour approfondir le coté torturé et la souffrance que peuvent vivre les surdoués. Et c’est vrai que depuis 4-5 ans, je me rends compte que même pour les profanes, douance rime avec malédiction (euh… bah non… je ne suis pas d’accord, d’abord). La surmédiatisation et la popularité du sujet ont dû beaucoup aider. Or, cette thèse (qui me semble on ne peut plus valide) du biais d’échantillonnage s’appuie sur le fait que des enfants et des adultes surdoués (comme mes petits Fonctionnels à moi) ne vont pas voir de psychologue car ils vont bien dans leur vie. En effet, la plupart des auteurs sur la douance sont des psychologues cliniques ou des thérapeutes. Bref, du personnel qui fait fasse à des gens en souffrance ou en détresse. Si leurs observations sont fondés sur leurs patients, il est normal de penser que leur échantillons d’étude n’est pas représentatif de la population. Donc, on se retrouve avec un pan de la population des 130+ qui est probablement inconnue et difficile à évaluer.

Les NEWYW

OK, à l’origine, c’était une blague dans mon esprit tordu et chaotique. Les Name ‘Em Whatever You Want sont nés dans la première partie de cet article . Première partie ou je disais justement que c’était un peu tordu de leur chercher un nom en particulier et de le faire valoir. Bon, finalement, je leur ai donné ce nom pour une simple et bonne raison : Je considère que les termes HP, Zèbre and co ne représentent que des parts différentes du spectre des profils de la douance. Alors ce n’est pas difficile, les newyw n’existent que dans le cadre de ce blog, et sont:

  • des gens qui ont soit un QI de plus de 130 (techniquement surdoués);
  • et/ou qui présentent des traits de personnalité et de comportement similaires à ce qui a pu être documenté ces dernières années.

En fait, je suis juste une grosse feignasse et je n’ai pas envie de passer mon temps à jongler entre les définitions, donc vous êtes tous des newyw (et n’essayez pas de le prononcer à haute voix, en anglais c’est inaudible 😂 ).

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